Le Lycée Saint-Paul
L’institution Saint Paul ouvrit ses portes, en pleine guerre, en octobre 1941.Mgr Duthoit, alors évêque d’Arras, voulait permettre aux élèves de Lens de continuer leurs études malgré la fermeture des internats.
Les filles allaient à Sainte Ide, il fallait un institut catholique pour les garçons avec un solide enseignement secondaire.
Le fondateur de Saint Paul fut le chanoine Vincent. Il fut appelé en juillet 1941 par Mgr Duthoit « Vous allez partir à Lens comme supérieur de collège. Ce collège n’existe pas ; vous le fonderez. Vous trouverez là-bas le secours de quelques bonnes volontés, mais d’abord, passez à la chancellerie ».
Le chancelier après les compliments et les encouragements d’usage, remit au nouveau supérieur quelques billets de mille : ce fut tous les crédits d’équipement et de fonctionnement. L’institution St Paul naquit ainsi pendant les vacances de l’année 1941 de quelques locaux inoccupés jouxtant la gare sainte Elisabeth, avec un matériel de classe rassemblé « Dieu sait comme », autour de quelques maîtres recrutés sur place.
Les circonstances même de la guerre – occupation, restriction, captivité de nombreux enseignants- multiplièrent les obstacles initiaux. Néanmoins, d’octobre 1941 à juillet 1942, 150 élèves suivirent régulièrement les cours de quatre classes allant de la sixième à la troisième. Ces cours étaient dispensés par 8 professeurs, dans les classes alors existantes dans la route de la Bassée, et au quartier général de l’ensemble, installé au 32 de la rue Decrombecque, ou ils devaient rester jusqu’en 1945.
L’année 1942-1943 vit l’ouverture de la seconde et le transfert d’une partie des classes dans le bâtiment à terrasse, que les mines de Lens avaient construit en un temps record, route de la Bassée. Le nombre des élèves était déjà passé à 230, celui des professeurs à 15.
L’association sportive est crée par monsieur l’abbé Limousin à la demande de Monsieur Vincent. Ils adhérent à l’UGSEL Union Générale Sportive de l’Enseignement Libre : « Les colibris » les enfants étaient jeunes, avec comme couleurs bleu et orange. L’association débuta surtout sur le plan football. Heureuse époque ou le stade Bollaërt était presque sa propriété personnelle ! Terrains, vestiaires, et même joueurs professionnels étaient mis a la disposition des colibris par la direction des Mines et le Racing Club .
Quelques années plus tard, un ancien élève revint à Saint Paul, Monsieur J Lutse et l’école réapparaît au niveau compétition avec le SPAC : Saint Paul Athlétique Club.
En octobre 1943, deux nouvelles classes construites parallèlement à la rue du pôle nord sont inaugurées. La classe de première est ouverte, il y a 300 élèves.
Le ciel clair du printemps 1944 amène les bombardiers anglais. Lens est touché une première fois en mai, il faut fermer les classes. Les professeurs s’efforcent de regrouper les élèves dans des locaux de fortune à la périphérie de la ville il y a en effet 24 élèves en terminales. Les premiers candidats passeront d’ailleurs leur bac avec succès.
Les bombardements du 13 août 1944 seront terribles pour notre ville de Lens et son jeune collège. La moitié des locaux sont détruits rue Bollaërt et il y a de sérieux dégâts à la plupart de ceux de la rue de la Bassée. Le courage et l’obstination de Monsieur Vincent, son efficacité et sa foi permirent à la maison d’accueillir 308 élèves a la date normale de la rentrée. Deux classes de terminales sont alors ouvertes en philosophie et en mathématique.
Certes, l’installation des locaux est précaire et il fera froid cet hiver là.
On travaille déjà régulièrement à cette époque car les 32 candidats seront bacheliers en fin d’année.
En été 1945, le QG se transporta au 38 route de la Bassée –il y est toujours- et mis immédiatement en chantier la construction d’un réfectoire pour les demi-pensionnaires, ainsi que cinq nouvelles classes.
Il faut abandonner la rue Bollaërt vouée à la démolition.
L’institut prend alors l’allure d’un collège, Mr Cavois équipe avec amour son laboratoire, et une chapelle est aménagée dans l’ancien local scout.
L’année 1946-1947 vit l’ouverture d’une septième qui s’avérait nécessaire pour décharger Sainte Ide de la partie la plus turbulente de ses garçons !
Et la fin de l’année 1947 vit le montage du « chalet » qui servira à loger, plutôt mal que bien, les professeurs.
Les années qui suivirent furent marquées par des améliorations de détails, l’acquisition de matériel l’équipement de la demi-pension…tous les efforts se portent sur une meilleure organisation des études en attendant que des jours meilleurs permettent de songer à une construction définitive.
La nationalisation des houillères parut menacer l’existence même du collège, installé comme locataire sur un terrain et dans des locaux appartenants aux mines. Après de longues tractations, le tout fut racheté en 1956.
Diverses constructions furent réalisées à partir des années 1960 pour remplacer les bâtiments provisoires qui abritèrent élèves et professeur durant les 20 premières années de l’écoles.
L’abbé Pierre Anquez prend la succession de Monsieur Vincent malade.
En 1962 le bâtiment nord avec 13 classes et une « étude de permanence ».
En 1963 le bâtiment ouest « les sciences » avec un réfectoire et des cuisines en sous sol. Six classes et trois laboratoires.
En 1964 le bâtiment sud avec l’administration de l’école et des logements pour les professeurs.
Il y a alors 600 élèves, une réflexion est menée afin d’accueillir une école technique catholique jumelée avec l’institution sans lui faire perdre son « esprit ». La section G3 fut ouverte : préparation aux techniques commerciales. Les classes des sections AB et B passaient en « G » afin de former une école du type lycée commercial. Les effectifs représentant bientôt un tiers des élèves.
En 1973 ouverture des classes G1 techniques administratives et F8 para médicales et sociales.
L’institut Saint Paul maintient depuis un équilibre entre les deux ordres de l’enseignement, sans les opposer ; Ils doivent travailler ensemble en symbiose.
En 1972-1973, la salle des sports Rue du Pourquoi Pas, nommée actuellement salle Limousin.
Et à la rentrée 1975, la Chapelle reprend sa place d’autrefois dans le bâtiment prés de la petite grille d’entrée.
Les baraquements de la cour sont remplacés par des préfabriqués servant aux différents clubs et salles de jeux.
auteur(s): - Flechel -
Dernières modifications le 13 avril 2008 à 11h47